Structures Paysagères

LES BOCAGES

Les bocages sont constitués par un ensemble de composantes en particulier par des haies et des talus entourant les parcelles qui en sont les éléments les plus visibles.

 Eléments constitutifs

Haies :

  • composites;

 Photo de Raymond Sauvaire

  • mono-spécifiques (Provence);
  • composites sur talus;
  • arbres le plein jet sur talus (clos masures).

Talus.

Chemins creux qui drainent les eaux surabondantes en cas d’orage.

Rigoles de drainage.

Mares qui jouent aussi un rôle de drainage.

 Effets paysagers

Les haies bocagères :

  • matérialisent le parcellaire, prenant des aspects différents en fonction des modes de taille (haute ou basse), leur transparence… ;
  • créent des atmosphères d’intimité.

Les clos masure provoquent une impression de monumentalité

Les haies coupe-vent de Provence souvent mono-spécifiques structurent le paysage en fonction du vent dominant ; elles ne ferment pas les côtés de la parcelle non exposés au vent dominant ; elles ont un fort caractère identitaire.

Intérêts

Les bocages ont de multiples intérêts pour:

l’environnement

Les bocages jouent un rôle particulièrement important sur le plan de l’environnement pour :

  • la qualité de l’eau : les haies absorbent les phosphates et dispersent les polluants;
  • la faune : ils constituent des abris pour de nombreux animaux;
  • la flore : de nombreuses espèces s’y développent.

Les bocages participent donc au maintien de la bio-diversité.

l’agronomie

Ils servent :

  • au maintien de l’humidité;
  • de coupe-vent pour :

– protéger les cultures et les habitations;

– abriter les animaux : vaches, poules…

  • à combattre l’érosion dans les terrains légèrement en pente;
  • de ressources non négligeables en bois, petits fruits;
  • à l’alimentation du bétail.

l’hydraulique

Les bocages jouent un rôle régulateur sur le régime des eaux, en cas d’inondation en particulier.

militaire

Les bocages comportant des talus, rendent difficile la progression d’un ennemi ; ils sont propices aux embuscades.

la chasse

Les haies bocagères sont essentielles pour retenir le gibier qui y trouve abri, nourriture et des couverts favorables à ses déplacements.

 Menaces

Les coûts d’entretien et les difficultés qu’elles posent pour exploitation continuent à servir de prétexte à la suppression d’un grand nombre de haies bocagères.

 

TERRASSES DE CULTURE

Pour cultiver des terrains sur les flancs des montagnes, ont été aménagées des parcelles relativement planes, soutenues souvent par des murs de pierres sèches: les terrasses de culture.

Faïsses

Il peut s’agir simplement de retenir la terre par des murs de pierres sèches, on parle alors en général de faïsses;

 

Restanques

de créer des terres cultivables en coupant le lit d’une petite rivière par des barrages de pierres sèches qui retiennent le limon, en s’entassant peu à peu, il forme des parcelles souvent riches. Le terme de restanques est alors préférable car en langue d’oc restanque veut dire barrage.

 

Eléments constitutifs

Les murs de pierres sèches, c’est-à-dire construits sans liant, qui soutiennent la terre. Ils présentent l’avantage retenir l’eau surabondante tout en la laissant passer ; ils sont en effet drainant par leur constitution car l’eau peut s’écouler entre les pierres. Cette caractéristique est un facteur de sécurité par rapport à des murs de béton qui sont susceptibles de basculer sans prévenir si les drains sont insuffisants ou bouchés.

Ces murs peuvent être remplacés par des talus sous réserve de respecter une pente variable selon les terroirs et d’être stabilisés par des plantations variées.

Dans le Languedoc des caniveaux plus ou moins larges, les béals, ont un rôle tantôt de drainage, tantôt d’irrigation. Construits dans le sens de la plus grande pente, les béals principaux assurent le recueil des eaux surabondantes en cas d’orage et de chemins  par temps sec.

En pays catalan sont utilisés le terme d’aguillas-maîtres pour les rigoles situées dans la ligne de plus grande pente, et d’agullas-secondaires, pour les rigoles qui interceptent le ruissellement superficiel.

Des escaliers et des rampes pour passer d’un niveau à l’autre.

Des constructions de pierres sèches servant d’abri.

Effets paysagers

Les terrasses de culture :

  • matérialisent avec élégance les courbes de niveau d’un site ;
  • créent des balcons d’où la vue s’étend au loin ;
  • ménagent au contraire des espaces intimes quand les parcelles sont imbriquées dans un ensemble de murs et de haies ;
  • elles sont propices à des créations paysagères sur des terrains en pentes, comportant une succession de jardins aux ambiances variées. Il en est ainsi en particulier en Italie.

Intérêts

  • elles rendent possible l’exploitation de terres bien exposées, bien drainées pour des productions de haute valeur ajoutée comme la vigne, les oliviers, les plantes médicinales ou les fleurs… Les murs peuvent être utilisés comme capteurs de chaleur pour l’installation de serres ;
  • elles permettent de modérer les effets des orages en coupant le flux de l’eau, tout en la laissant passer, compte tenu du caractère filtrant des murs de soutènement de pierres sèches et en facilitant ainsi son absorption par le sol ; elles participent ainsi fortement à la lutte contre les inondations. Pour ces raisons, la technique des murs de soutènement en pierres sèches est particulièrement pertinente dans les pays soumis à de fortes précipitations ;
  • elles contribuent à combattre l’érosion en évitant les ravinements.
  • quand elles sont entretenues, elles participent à la lutte contre les incendies .
  • sur le plan militaire, les terrasses permettent de voir au loin sans être vu. Dans une guerre d’embuscades elles permettent de créer des abris sûrs, où il est possible de s’alimenter. Il en a été ainsi en particulier dans les Cévennes.

 

MAILLAGES LITHIQUES

Maillages lithiques lâches

 

Les maillages lithiques lâches sont constitués d’assemblages de pierres s’inscrivant dans les sites de manière apparemment aléatoire.

Éléments constitutifs:

  • pierriers qui sont des tas de pierres non ou grossièrement appareillés ;
  • murailles grossièrement appareillées ;
  • constructions  de pierres sèches remarquables associées dénommées: Capitelles (Gard), Bories (Provence), Cazelles (Aveyron), Cabordes (Haute-Saône), Oryes ( en pays catalan,) Gariottes ( Périgord), cadoles (Aube) ;
  • clapas pour abriter des lapins.

Effets paysagers:

  • les murs qui semblent surgir d’un sol participent fortement à la structuration d’un site ;
  • ils renforcent le caractère minéral d’un site.
  • leurs teintes et leur texture étant très voisines de celles du sol environnant,  ils concourent à l’homogénéité de la coloration de l’espace ;
  • la rugosité générale des surfaces de pierres peut contribuer à atténuer la luminosité de l’espace.

Intérêts:

  • ils constituent une manière efficace de stocker les pierres qui gênent les travaux agricoles ;
  • ils participent, sûrement plus qu’on ne l’imagine, au maintien de la biodiversité en abritant de nombreuses espèces d’animaux et une grande variété de mousses et de lichens ;
  • ils forment des abris pour le gibier : les lapins.

 

Bocages lithiques

Dans certaines régions, des réseaux de murs de pierres sèches élevés avec soin remplacent les haies pour enclore les parcelles, comme dans les régions bocagères. Par assimilation l’expression de « bocages lithiques » a été usitée pour les désigner.

Eléments constitutifs:

Chemins:

  • pour rassembler les troupeaux (drailles);
  • de desserte;
  • créés en surélévation sur des murs particulièrement larges entre deux propriétés.

Murs :

  • murs de pierres sèches en élévation on dit aussi émergeants
  • murs constitués de lauzes implantées verticalement (Ain en particulier).

Constructions de pierres sèches remarquables:

Elles sont dénommées capitelles (Gard), bories (Provence), cazelles (Aveyron), cabordes (Haute-Saône), oryes (en pays catalan), gariottes (Périgord), ou simplement cabanes bien que ce terme ne convienne pas pour des constructions qui n’ont rien d’éphémère. Elles ont toutes de formes et avaient des fonctions différentes les unes des autres.

 

Effets paysagers:

En France par manque d’entretien, les bocages lithiques sont peu lisibles car le murs émergeants se perdent, en général, au milieu de broussailles. Par contre, dans des pays comme l’Irlande, le réseau de murs émergeants a de puissants effets paysagers. Ces murs :

  • créent un paysage fortement minéral;
  • cloisonnent l’espace avec netteté ;
  • ils apparaissent comme des remparts pour s’isoler du monde extérieur;
  • dans l’ensemble, ces paysages créent une ambiance austère.

Intérêts des maillages lithiques:

Les maillages lithiques, en France ont fait l’objet de très peu d’études sur les plans agronomique, archéologique, historique, environnemental. Ils mériteraient pourtant de faire l’objet d’un programme de recherches pluridisciplinaires. Les réseaux de murs de pierres sèches, en élévation, présentent en effet d’indéniables intérêts à plusieurs titres :

  • les parcelles entourées de tels murs, situées à flanc de collines peuvent former autant de bassins de rétention qui participent à l’écrêtement des crues centenaires. Il en est ainsi particulièrement dans la périphérie de Nîmes. La détérioration de ce réseau a contribué à donner un caractère catastrophique aux inondations qu’a connues cette ville en octobre 1988 ;
  • ils ont constitué une manière efficace de stocker les pierres qui gênent les travaux agricoles ;
  • ils participent, sûrement plus qu’on ne l’imagine, au maintien de la biodiversité en abritant de nombreuses espèces d’animaux et une grande variété de mousses et de lichens ;
  • ils forment des abris pour le gibier : en particulier les lapins ;
  • ils jouent un rôle de coupe-vent ;
  • ils captent, dit-on, quelque peu l’humidité;
  • certains bocages lithiques présentent des modèles extrêmes d’agriculture de survie, des  tentatives désespérées d’hommes et de femmes pour être moins pauvres et bénéficier d’un espace de liberté.

 

GRANDES CULTURES

Photo Raymond Sauvaire

  Ces aplats de couleur agencés en d’amples surfaces géométriques, homogènes, contrastées, forment des compositions fortes. Les vastes parcelles structurent profondément l’espace en créant une impression d’immensité. Les paysages de grandes cultures représentent encore, pour beaucoup, la modernité la plus en pointe car ils s’accordent aux pratiques agricoles intensives, mais on peut se demander si ce n’est pas, à présent, une modernité dépassée. En effet pour fonctionner ces espaces nécessitent:

  • l’achat de machines coûteuses, de semences sophistiquées;
  • l’arrosage implique de puiser dans des nappes phréatiques qui ne sont pas inépuisables et impose la mise en place d’un système hydraulique coûteux ;
  • les teintes un peu trop éclatantes sous le soleil de mai du blé, du maïs, du colza parlent d’engrais, de produits phytosanitaires. La propreté parfaite du sol trahit l’utilisation massive de désherbants sélectifs qui ne laissent aucune chance à la moindre herbe indésirable;
  • les récoltes doivent s’écouler sur un marché international de plus en plus concurrentiel mais tenu par des entreprises commerciales qui se trouvent dans des positions dominantes et parfois monopolistiques.

Ces paysages à la monotonie resplendissante, ces champs chargés de récoltes abondantes dissimulent des réalités difficiles pour les agriculteurs qui se sont lancés à corps perdu dans la course effrénée aux rendements : les emprunts qu’il faut rembourser, les subventions que les responsables politiques rechignent à renouveler sous la pression du corps électoral inquiet des conséquences sur l’environnement de ces aides, les fastidieux plans de financement, la tenue d’une comptabilité de plus en plus compliquée, les factures à payer. Et puis, il y a ces matériels qu’il faut renouveler alors que les emprunts souscrits pour leur acquisition sont à peine remboursés, et encore ces mises aux normes onéreuses imposées par de pointilleuses instances européennes….

Ces paysages de culture intensive sur des surfaces très importantes racontent, aussi, la disparition encouragée par les pouvoirs publics des modestes paysans, avec pour conséquence un poids électoral de plus en plus faible du monde agricole, et les liens sociaux qui se distendent ou disparaissent: villages sans bistrot, ni école, ni même épicerie, églises fermées. Ils parlent aussi d’oiseaux , d’insectes éliminés par les produits chimiques ou qui ont fui pour se réfugier dans des lotissements, les fourrés qui bordent les autoroutes ou même – c’est un comble – près d’usines. Ils relatent aussi la rupture du pacte de confiance tacite existant entre la société devenue essentiellement urbaine et le monde paysan pour gérer les paysages et la nature.

MONTAGNES

Les montagnes ont de tout temps été marquées par ce qu’on pourrait appeler un nomadisme vertical pour utiliser les diverses strates de la végétation qui induisent un paysage changeant en fonction de l’altitude et des activités différentes.

 Eléments constitutifs :

  • strates végétales selon l’altitude;

  • chemins de transhumance et de desserte;
  • chalets ou cabanes d’altitude pour abriter les bergers et fabriquer des fromages;
  • installations pour la pratique du ski.

Effets paysagers:

Succession rapide d’ambiances contrastées au fur et à mesure d’une ascension : vallée riante ou industrielle, cultures en terrasses, forêt de feuillus, de conifères, prairies, rochers, éboulis, vues panoramiques vers l’aval ou au contraire bloquées vers l’amont, impression d’être dans un monde préservé ou au contraire devenu artificiel compte tenu de la multiplication des équipements de ski et des opérations de remodelage des pistes.

Les cimes jouent un rôle d’attrape-regards pour le territoire qu’elles dominent.

Intérêts

Agriculture:

  • production de fromage et de viande de haute qualité, grâce à la variété de la flore ,
  • production de bois.

Tourisme:

Fort attrait touristique pour le ski en hiver et les randonnées en été.

Ces deux activités se renforcent mutuellement, mais la surexploitation touristique risque de perturber cet équilibre, remettant ainsi en cause leur durabilité.

LES ZONES HUMIDES

Photo Raymond Sauvaire

Lorsqu’en raison de la topographie, de sa nature, la terre se gorge d’eau et la laisse sourdre en une nappe de faible profondeur, se forme une zone humide.

 Types de zones humides

  • marais,
  • vasières,
  • étangs,
  • mares,
  • tourbières,
  • roselières,
  • prairies humides,
  • mangroves (en Guadeloupe et Guyane par exemple ),
  • sansouires (Steppes salées en Camargue).

Effets paysagers

Observatoires de la nature multisensoriel (senteurs, chants, bruissements d’ailes),

Visions :

  • ouvertes : avec des vues donnant sur le ciel et l’étendue d’eau;
  • fermées : le regard se perd dans un labyrinte d’arbres et de plantes diverses ;
  • paysage aquatique aux contours indécis.

Eléments constitutifs:

  • sol plus ou moins marécageux;
  • faussés de drainages;
  • chemins qu’il faut sans cesse remblayer;
  • chenaux d’évacuation vers une rivière ou la mer.

Intérêts

  • épuration des eaux;
  • effet d’éponge qui atténue les effets des inondations;
  • grande richesse écologique, c’est en particulier le paradis des oiseaux, des batraciens;
  • productions de riz, de sel, de tourbe;
  • pêche;
  • horticulture (Hortillonnages);
  • militaire : système défensif.

Menaces

  • Les drainages, en particulier pour la culture du maïs, font courir de graves menaces aux zones humides.
  • Les comblements pour réaliser des aménagements.

PAYSAGES DE RIVIÈRES

Photo Raymond Sauvaire

Les rivières engendrent des paysages attachants, parfois même fascinants.

Eléments constitutifs

La rivière focalise l’attention:

  • en s’offrant aux regards,
  • par les sonorités qu’elle engendre,
  • par les plaisirs qu’elle propose en matière de pêche, de navigation , de promenades;
  • par le flux de l’eau tantôt calme, tantôt tumultueux.
  • par les ripisylves, c’est-à-dire les bandes végétation qui croissent sur ses berges.
  • par les prairies qui sont régulièrement inondées lors des crues.
  • par la plaine alluviale.
  • par les versants qui la bordent, constituent la vallée. Ils peuvent être formés de parois rocheuses abruptes, austères, emprisonnant le cours de la rivière, lui donnant un aspect encaissé. Au contraire, ils peuvent offrir des pentes douces, riantes.
  • par le patrimoine associé : moulins, ponts, chaussées, digues.

Effets paysagers

La présence d’un cours d’eau est un élément essentiel, bien que non nécessaire, de la qualité d’un paysage, il en est ainsi dans l’art des jardins comme des grands espaces :

  • une rivière oriente un paysage et fédère ses composantes ;
  • la ripisylve en souligne le tracé et lui confère son volume ;
  • les versants de la vallée où elle coule peuvent créer un paysage tantôt ouvert, tantôt fermé, austère ou riant.

Intérêts

  • Les ripisylves contribuent à améliorer significativement la qualité de l’eau.
  • Les ripisylves permettent de sauver de la noyade de nombreuses personnes qui peuvent s’accrocher aux branches ou aux racines des arbustes ou arbres. Il en est ainsi particulièrement en cas d’inondation. Les arbres jouent alors un rôle primordial. Par exemple, les peupliers en bon état sanitaire et non émondés ont permis de sauver 40 personnes lors de la catastrophe de Vaison-la-Romaine en septembre 1992.
  • Les ripisylves, les zones humides associées à la  rivière, concourent fortement au maintien de la biodiversité et à la reproduction des poissons.
  • Les paysages de rivière constituent des pôles d’attraction touristique.
  • Les vallées alluviales sont très riches sur le plan agricole.

 

LES FORETS

Les étendues couvertes d’arbres ont de tout temps constitué un paysage bien identifié, synonyme de qualité tant et si bien que certains en sont venus à penser qu’il suffisait de planter des arbres pour assurer la qualité des espaces. Les forêts sont, pour certains des refuges accueillants, généreux où il fait bon de venir se ressourcer ; pour d’autres, elles suscitent frayeurs et angoisse.

Eléments constitutifs

Arbres selon leur :

  • espèce,
  • densité,
  • diversité,
  • mode de gestion.

Taillis.

Mousses, champignons, herbes.

Effets paysagers

Visions internes :

Photo Raymond Sauvaire

  • tantôt transparentes, structurées par la puissante architecture des troncs et des branches. Le feuillage en créant un plafond de verdure semi-transparent, aux teintes changeantes, donne une impression de cocon de nature ;
  • tantôt obscures ;
  • fortement marquées par les coloris du sol et de la végétation qui le tapissent.

Visions externes :

  • les forêts jouent souvent un rôle de paysage d’emprunt ;
  • elles peuvent bloquer les vues et créer des effets d’enfermement.

 Intérêts

Economiques :

  • production de bois d’œuvre ;
  • production de bois pour l’industrie (papetiere, chimie…) ou l’agriculture (piquets, tonneaux…) ;
  • ressource énergétique renouvelable (chauffage…) ;

Environnementaux :

  • elles captent l’humidité,
  • elles jouent un rôle puissant en matière d’assainissement, de potabilisation de l’eau,
  • elles constituent des écosystèmes très riches .

Loisirs, tourisme:

  • elles sont le support de nombreuses activités de plein air.

Risques :

  • les forêts, de conifères en particulier, sont propices au développement des incendies. Cette caractéristique peut être utilisée pour des actions terroristes ;
  • quand elles sont créées sur des zones agricoles, elles peuvent susciter de violentes oppositions.

Variantes :

La forêt pâturée (pré – bois) et l’agroforesterie offrent des ambiances paysagères remarquables par la douceur, la transparence des formes créées par les animaux et par la présence de ceux-ci .

Les friche agricole constituent une étape conduisant à la constitution d’une forêt ; elles ont un caractère généralement impénétrable.

 

PLANTATIONS D’ALIGNEMENT

Les plantations d’arbres de plein jet, en particulier les platanes, plantés régulièrement le long des routes, ont constitué longtemps un ornement remarquable des routes françaises.

 

 

 

Dans les villes, les arbres d’alignement participent fortement à la structuration urbaine en hiérarchisant les voies et en marquant leurs divers usages; ils créent un lien végétal entre parcs, jardins, squares, espaces boisés…

 Eléments constitutifs

Arbres de plein jet:

  • plantés régulièrement de part et d’autre de la chaussée ;
  • aux troncs exempts de branchage ;
  • houppier à développement libre ou architecturé créant dans le premier cas un effet de voûte, dans le second un effet de rideau de verdure ;
  • sol où ils sont implantés ;
  • distance des arbres par rapport à la chaussée, au fossé, aux immeubles ;
  • distance d’un arbre par rapport à un autre.

Effets paysagers

Les arbres d’alignement routiers:

  • donnent du volume à la route,
  • les troncs sans branches à leur base permettent au conducteur de voir les paysages traversés,
  • le houppier crée une voûte protectrice du soleil,
  • vus de l’extérieur, les arbres d’alignement soulignent la présence de la route et participent à la structuration du site.

Intérêts

  • En rase campagne, les arbres d’alignement peuvent participer à la sécurité en facilitant la lisibilité de la route et en donnant des repères permettant de ressentir la vitesse. Pour qu’il en soit ainsi, il faut que les arbres d’alignement soient correctement implantés par rapport à la chaussée.
  • Dans les zones agglomérées, ils protègent les piétons des voitures et différencient la nature des voies (voiture, piétons, cyclistes).

  • En ville, en cas d’inondation, les arbres d’alignement servent d’encrage aux voitures et les empêchent de se transformer en embâcles ou en objets dérivants, ils peuvent éventuellement constituer des refuges.
  • Ils permettent aux touristes et à l’ensemble des usagers de profiter des paysages.
  • Production de bois. Jusqu’à présent des conditions correctes de gestion et d’exploitation n’ont, en général, pas été réunies pour que cette production soit vraiment valorisée.

Observations

Pour obtenir les effets recherchés, les arbres d’alignement doivent être choisis et gérés conformément à un plan de gestion rigoureux ;

Les haies et bandes boisées souvent plantées actuellement provoquent ou provoqueront à terme un effet d’enfermement de la route sur elle-même et le blocage des vues latérales.

CHEMINS ET SENTIERS

Photo Raymond Sauvaire

 

Les chemins, les sentiers constituent les voies qui permettent de sillonner les campagnes, les forêts. Ils ont été intensément utilisés par les hommes, les animaux, pendant des siècles, aussi longtemps que les déplacements s’effectuaient principalement à pied et les transports avec des charettes. Certains tracés sont très anciens.

Eléments constitutifs:

  • le sol qui joue un rôle majeur. Il peut être : drainant ou non, caillouteux, sableux. Sa coloration peut être très variée ;
  • les côtés peuvent être constitués de haies, de murs, d’un fossé, d’un talus ou d’aucun élément particulier ;
  • les caniveaux de drainage.

Effets paysagers

Les chemins permettent de découvrir les paysages en profondeur ;

ils participent à la structuration de l’espace.

Intérêts

 Sport-loisir – Ils jouent un rôle indispensable pour le développement des randonnées pédestres qui attirent de plus en plus d’adeptes ;

Tourisme – Les chemins, les sentiers sont des voies de découverte des sites et de la nature par les randonneurs pédestres ou en vélos tout terrain ;

Agriculture – Certains demeurent indispensables à la circulation des exploitants et des troupeaux.

CLOTURES

Photo Raymond Sauvaire

La nécessité de maintenir des bêtes dans un pré ou  de défendre les récoltes contre des intrus (animaux, maraudeurs…), le besoin simplement de délimiter précisément une parcelle a multiplié les types de clôtures

Types de clôtures

Haies :

  • composites,

Ces haies légères, transparentes, très efficaces malgré leur légèreté correspondent de manière générale à une culture rurale, mais elles sont de plus en plus souvent utilisées avec bonheur dans les lotissements urbains.

  • mono-spécifiques. Les clôtures de troène, de thuyas, de buis très communes dans les lotissements ressemblent à des murs verts par leur homogénéité et leur uniformité ;  elles isolent les habitations; impénétrables au vues extérieures, elles permettent aux maraudeurs d’opérer sans être inquiétés.

  • Murs :

– pisé,

– pierres sèches sans liant,-

– lauzes verticales,

– maçonnés,

– élevés,

– pierriers.

  • Barrières :

– de bois,

– de fils métalliques sur supports de bois ;

  • Grillages sur supports métalliques.
  • Hahas (ou sauts de loup) composés d’un fossé prolongé d’un mur de soutènement pour protéger un jardin des animaux extérieurs tout en supprimant les obstacle visuels que forment les clôtures. Ils permettent à la vue de s’étendre depuis le jardin sur la campagne environnante.

Effets paysagers

Suivant leur échelle, les matériaux, les clôtures participent tantôt discrètement, tantôt brutalement à la structuration de l’espace. Dans les cas extrêmes les murs de clôture peuvent parvenir à occulter complètement les vues.

Les clôtures de type rural traditionnelles expriment discrètement l’appropriation des parcelles tout en permettant le passage des voisins pour la cueillette de champignons, la chasse ou simplement faciliter leurs déplacements.

Une haie monospécifique dense qui enferme une parcelle est en général le signe de l’occupation du terrain par un citadin. Ces haies introduisent une rigidité urbaine dans un environnement rural et marquent une volonté d’isolement,  de rejet d’une participation à la vie collective locale. Cette forme de haie permet de s’isoler des regards du voisinage, mais elle forme aussi un écran dont profitent les voleurs.

STEPPES

 

Les paysages de prairies sèches, des plaines ou plateaux rocailleux, à la végétation herbacée maigre, largement ouverts sur l’horizon, évoquent ceux des steppes.

Il en est ainsi des Causses, de la Crau, de certaines landes bretonnes.

Eléments constitutifs:

  • pierres et rochers omniprésents ;
  • herbage rabougri ;
  • dolines : dépression souvent de forme ovale ou circulaire, plus fertile que les terrains alentour ;
  • arbustes (buis par exemple).

Effets paysagers:

  • impression d’immensité due à l’absence de limites visuelles marquées et de cadrage des vues, elle est accentuée par le fait que les pierres des bâtiments anciens se fondent dans une même coloration d’ensemble ;
  • teintes subtiles des fleurs parmi lesquelles se détache le vert éclatant des dolines ;
  • le moindre élément saillant est vu de loin.

Intérêts

Agriculture:

  • Elevage d’ovins donnant un lait et de la  viande d’excellente qualité.

Tourisme:

  • Ces paysages attirent une clientèle éprise de vastes horizons et d’austérité car ils sont propices à la vie méditative et à la spiritualité. Ils sont favorables aux randonnées pédestres et équestres.

PARCELLAIRE

Les parcellaires sont révélateurs de l’occupation d’un territoire par les hommes, de leurs activités, de leurs méthodes d’exploitation agricole, des potentialités des terrain.

VIDES

Les vides sont considérés par les Chinois comme essentiels à la qualité du cadre de vie. En Europe, l’architecte romain Vitruve (Ier siècle avant J.C.) faisait de l’équilibre entre les pleins et les vides le fondement de l’art de bâtir et d’aménager. Au Japon à la notion de vide est associée celle de l’intervalle qui relie les choses entre elles. En France, la tendance habituelle est au contraire de considérer les vides comme sans intérêt. Les combler pour construire des édifices destinés à l’industrie, au commerce, à l’habitat, pour créer des routes, des voies ferrées,  paraît une démarche toujours positive. C’est pourtant méconnaître la signification culturelle des vides et leur rôle pour la mise valeur des monuments, des villes, des sites.

Les vides sont constitués concrètement par des prairies, des champs, des jardins, des garrigues, des steppes… où se développent une flore et une faune abondantes.

Ils ont une grande valeur pour:

  • la qualité de l’environnement car les jardin, les délaissés sont les refuges pour la biodiversité;
  • ils donnent leur sens aux oeuvres architecturales qui sont conçues en osmose avec le site qui lui sert d’écrin;
  • les esplanades mettent en valeur les monuments;
  • ils permettent à la vie sociale de s’épanouir à travers des fêtes, l’installation d’un cirque;
  • ils devraient assurer en périphérie des villes la qualité des limites de celles-ci, de leur profil, de leur identité.

Pourtant ils constituent les espaces les plus difficiles à tenir car il se trouve toujours des prétextes pour les supprimer au profit d’aménagements, de construtions, d’installations diverses. Le maintien des vides suppose des moyens humains et financiers pour les défendre. Un rôle essentiel du chef de projet est d’assurer la sauvegarde et la gestion des vides. Une cause majeure de l’échec de urbanisme des années 60 est de n’avoir pas su protéger les « zones vertes » figurant dans les schémas d’aménagement.